Une des origines de ce projet est une nouvelle de science-fiction écrite par Neil R. Jones en 1931, The Planet Of The Double Sun, où, dans un futur lointain, l’homme s’est affranchit de son enveloppe corporelle afin de libérer son esprit des contraintes de l’espace et du temps. Je voulais rebondir sur ce scénario débridé mais actuel, dans la question du rapport de notre corps à notre environnement face à l’instantanéité et le virtuel de nos échanges. J’ai imaginé la nostalgie de ces esprits désincarnés, à jamais privés de la jouissance corporelle. Résistants, ils inventeraient des simulateurs de paysages, matérialisant les mises en scène de la nature, afin de stimuler leur souvenir.
Les paysages virtuels de mon installation ne cherchent pas à imiter la nature, ils composent leur propre phénomènes en sculptant la lumière et le son à leur état de signal numérique. Au-delà du massage perceptif, ils généreront peut-être d’autres formes dans le cerveau du spectateur, sculpteur de sa mémoire et de son imaginaire. C’est l’instantanéité de l’image qui m’intéresse, dans son adhérence au creux et au-delà de notre paupière.
Réalisée en 2011.
Création sonore & interface logiciel : Nicolas Verhaeghe.
Interface électronique : Francis Bras.
Merci à Sarah Mecarelli, Arnaud Laporte.